L'histoire de Lou Valat

Elle débute en 1971-1972

Vernet est un hameau au bout du monde. Le chemin qui y menait, il y a quelques années, ressemblait plus à un lit de torrent qu’à une piste carrossable. Il valait mieux s’abstenir d’arriver à la tombée du jour, voire renoncer à arriver de nuit et écarter l’idée de dépasser les 3 km/h, afin d’éviter les bosses, les creux, les grosses pierres, les crevasses sur cette draille. On pensait s’être égaré 10 fois, avant de découvrir le village au dernier virage, tellement bien caché, blotti dans la montagne, qu’on aurait pu repartir sans le voir !

 

En 1971, pour échapper au béton, à la consommation, au gaspillage, ceux qui l’ont (re)découvert eurent envie de remonter les maisons de ce village désertifié, pour s’y installer, pour y respirer et pour y vivre.

Combien restait-il d’habitants ? La famille Aigoin. Gémina et Henri Aigoin les accueillirent chaleureusement.

Ils reposent maintenant sous leurs châtaigniers.

 

De nouveau, les maisons retentirent de bruits, de rires, de vie. L’association “Lou Valat” (loi 1901) vit le jour, avec pour objectifs la restauration du village de Vernet et le développement d’activités touristiques et culturelles dans le cadre du Parc National des Cévennes.

 

En 1972, les premiers séjours d’été s’organisent autour d’activités de restauration bien sûr mais aussi d’ateliers artisanaux (cuir, peinture sur soie...) ainsi que de spectacles dans les hameaux voisins.



De 1973 à 1977

En 1973, Mariane et Serge s’installent à Vernet et deviennent permanents de l’association. La restauration bat son plein. En juillet et août, les stages artisanaux mettent du “beurre dans les épinards”.

En 1974, un terrible incendie ravage le hameau. Les membres de l’association présents à Vernet au début du mois d’août luttent durant 3 jours.
C’est aussi cette année-là que Lou Valat organise le premier festival “Rencontres de musique traditionnelle” à Saint-Germain de Calberte, succès au-delà des espérances avec 2000 personnes.

Et c’est aussi l’année de l’aménagement d’une salle d’eau avec douches chaudes !

En 1975, les chantiers d’aménagement, avec un programme précis, permettent la réalisation de gros travaux comme la salle à manger, les douches extérieures...

En 1976, premier stage de danse folk et construction de 3 métiers à tisser

En 1977, les stages de l’été ont toujours un grand succès : tissages, rando, danses, macramé, étude de la faune et de la flore locale. Les finances s’améliorent. Mariane et Serge quittent Vernet.



De 1978 à 1993

En 1978, les stages de danses et de canoë affichent complets. Des bals folks sont donnés à Saint-Germain de Calberte. La gestion de Lou Valat est entièrement assurée par des membres bénévoles.

Dès 1979, l’association compte 200 membres.

En 1980, Gérard et Marie-Laure deviennent les nouveaux perma­nents de l’association et emménagent à Vernet.

De 1981 à 1989, les stages changent. Et si les danses et musiques folk restent le fond sonore bien présent à Lou Valat, une demande nouvelle se fait sentir : contes, théâtre, astronomie, gym douce, écriture, danses de salon remplacent désormais les stages artisanaux.

Le besoin de découvrir ce magnifique pays dont l’histoire est si présente, incite à la randonnée et aux balades.
Pendant ce temps, les stages associant 2 activités se déve­loppent : chorale-rando, yoga-balades...
Successivement séjourneront à Vernet, un agriculteur, un menuisier, un peintre pour quelques mois jusqu’à quelques années.

En 1989, la SCI créée par les premiers fondateurs de Lou Valat et propriétaires des locaux, arrivant bientôt à son terme (1991), l’association envisage le rachat des maisons et cesse d’investir dans de gros chantiers pour réunir la somme nécessaire.



De 1994 à 1998

En 1994 ont lieu néanmoins des chantiers d’entretien avec la collaboration de maçons de Saint-Germain de Calberte, un important travail de reconstruction de murs et de “callades” permettant l’écoulement des eaux de pluies dans les terrasses.

1995 voit le plancher de danses refait lors d’un chantier de Pâques. Les stages, les animations, les randonnées continuent comme par le passé.

En 1996, c’est fait ! L’association “Lou Valat” devient propriétaire des maisons dans lesquelles vous évoluez.

En 1997, une Assemblée Générale extraordinaire doublée d’un chantier (réfection du soutien de la treille au-dessus du plancher) se déroule pendant les vacances de la Toussaint. Plus de 15 personnes vont œuvrer, telles des fourmis pendant une semaine. Les toits de la “Chambre haute” et de la “Clède” sont tout neufs. Cependant un chantier reste prioritaire : l’installation électrique et sa mise en conformité.

Actuellement, Bernadette, notre plus proche voisine, attend avec impatience que l’Éducation Nationale la libère pour venir habiter définitivement à Vernet.
Gérard et Sabine ont 2 filles, élèvent des moutons, gèrent un gîte rural et font d’excellentes confitures.
Quant aux descendants de la famille Aigoin, ils habitent La Grand’Combe et passent toutes les vacances dans la maison familiale.

Avec Gérard, Sabine et leurs deux filles, Diane et Léa, ils sont donc depuis 5 habitants permanents à Vernet. Ce qui d’ailleurs semble insuffisant pour maintenir la tournée journalière du facteur. L’activité de Lou Valat, bien que saisonnière, est peut-être la raison pour laquelle la Poste offre encore ses services de distribution jusqu’à Vernet. Alors n’hésitons pas à écrire, à envoyer de jolies cartes postales, faire fonctionner le courrier pour que ce service reste public !



De 1999 à 2001

Il y aura un premier chantier de “pierre sèche” en 2002. Et ce n’est pas terminé.
La montagne qui s’écroule ne se redresse pas en un jour donc jusqu’en 2008, il y aura encore des chantiers de “pierre sèche”.
Les murettes sont reconstruites sous la houlette de Marc, avec des équipes de courageux, à chaque début de saison, à chaque automne.

Là encore, ce n’est pas un travail de minet(te)s et si peu payé qu’aucun n’accepterait cela d’un patron mais la compétence, la disponibilité, l’amour du travail bien fait, la gentillesse de Maître Marc font oublier les ampoules, la fatigue et parfois le mauvais temps, et c’est dans une ambiance chaleureuse que les travaux s’effectuent et les résultats sont beaux !

 

En 1999 il y a eu aussi des travaux pour l’amélioration du confort, douches et sanitaires refaits.

En 2000, l’installation d’un système de grandes bouteilles de gaz dont l’entretien, assuré par Lafont (artisan de Saint-Germain de Calberte) est un véritable soulagement pour les intendant(e)s, auparavant chargés du ravitaillement, du roulement et de l’échange de bouteilles.

 

La mise en conformité de l’électricité, des travaux de décoration, le rafraîchissement des peintures (murs intérieurs et douches).
Achat de bonnes couvertures, de protections de matelas et d’une magnifique et fonctionnelle cuisinière, sans oublier l’installation d’une douche solaire qui fonctionne très bien lorsque l’été donne son plein.


En 2000 toujours, les tables et les bancs extérieurs ont subi un bon lifting en début de saison.
Les travaux de mise en conformité de l’électricité se poursuivent mais la restauration et la consolidation des canaux d’évacuation des eaux fluviales sont devenus prioritaires et seront effectués par des maçons de Saint-Germain.



De 2002 à 2003

Bien sûr, il y a encore des « planchers » démontés, refaits, solidifiés, re-poncés, re-traités, re-démontés, remontés...
À chaque fois, on croit que c’est le dernier, enfin qu’il va durer 10 ans comme le premier, qui, après chaque saison, était démonté, stocké à l’abri et remonté en début de saison suivante. Un travail de Titan !
Ceux qui ont participé à ces manœuvres se souviennent de la dureté de l’entreprise, des postures rampantes, inconfortables, sous la structure afin de refixer les panneaux, les courbatures, les échardes et j’en passe.
Le plancher « dernier cru » date de 2004. Il est magnifique. Souhaitons-lui longue vie 

Cela a même donné des idées aux voisins !

Saluons la compétence et remercions Colette pour la constitution des dossiers de subventions présentés aux différents organismes (Région Languedoc-Roussillon, Département de la Lozère et Parc national des Cévennes). Subventions qui ont permis à l’association de poursuivre ces travaux longs et coûteux.
Et avec les courageux volontaires des chantiers d’ouverture des maisons en début de saison, il y a encore l’isolation de la cave à vin, la réfection de la cheminée, seule source de chauffage durant les fraîches soirées d’automne.



De 2004 à 2005

Et bien sûr, tous les étés, stages et séjours libres voient venir des nouveaux intéressés par une activité, intrigués par la formule, curieux de découvrir cette belle région dont les sentes sont de plus en plus praticables, de mieux en mieux balisées et entretenues, et aussi les accros qui ne se lassent pas des paysages, ni de la formule, et qui font et refont stages de toutes sortes et balades en tous sens.

Quelques stages nouveaux ont fait des tentatives de percées plus ou moins heureuses. Didgeridoo et musique des Andes n’ont pas eu l’écho escompté dans les montagnes cévenoles.
Par contre, yoga, rando, contes, danses, astronomie, do-in, théâtre, écriture… font toujours le plein et les semaines de rencontres (conteurs, musiciens) connaissent un succès croissant.

Et maintenant, il y a 13 albums de photos à consulter sans modération.



Depuis 2005

Ce site Internet vous raconte beaucoup de ce que vous voulez savoir sur l’association et ce joli coin de France protégé et précieux.